De l'incidence de l'essence
Les bois de charpente peuvent être utilisés avec ou sans traitement, en fonction de leur essence et de la partie du bois utilisée.
La coupe d'un tronc d'arbre laisse apparaître trois zones : l'écorce, l'aubier et, au centre, le bois parfait.
Le bois parfait se distingue de l'aubier à l'oeil nu par une coloration brune plus marquée, il s'appelle alors "duramen", le coeur dans le langage courant. Il est le seul à résister durablement aux insectes xylophages et aux champignons. L'aubier et un bois parfait non différencié y résistent moins.
Employer uniquement le duramen de certaines essences pour la construction coûte très cher. Pour pallier la fragilité de l'aubier et du bois parfait non différencié, on les imprègne avec des produits qui empêchent le développement des insectes et des champignons, et qui permettent d'obtenir des bois à un moindre coût.
Les bois de charpente sont utilisables sans traitement, mais purgés de leur aubier si leur coeur possède une longévité suffisante face aux attaques biologiques. Ils sont aussi utilisables en appliquant un traitement de préservation en fonction des risques d'attaques biologiques et des propriétés d'absorption de l'essence.
Les normes établies par le Centre Technique du Bois et de l'Ameublement (CTBA) classent les bois en cinq catégories, selon leurs risques d'exposition à l'humidité. A chaque classe correspond un traitement minimal à appliquer en usine. Pour les charpentes, la classe 2, voire 3, est requise , c'est-à-dire celle des bois à l'abri des intempéries , soumis à une humidité occasionnelle (condensation par exemple). La classe 4 correspond aux bois en contact direct avec le sol, aux bois exposés plus ou moins en permanence à l'humidité, aux terrasses en lames ou en dalles. La classe 5 correspond aux bois en contact avec l'eau de mer.
Le tableau ci-dessous indique, pour les essences de bois les plus utilisées en France dans la construction , la classe maximum pouvant être atteinte avec un traitement adapté ou sans traitement en purgeant l'aubier du bois, et la résistance naturelle de l'essence à l'attaque des termites.






